Récupérer ses congés
- Vérifier ses droits : rassembler bulletins, relevés et échanges pour établir l’éligibilité au report ou à l’indemnisation.
- Contacter l’employeur : envoyer un mail puis une lettre recommandée avec accusé de réception, joindre pièces justificatives, relancer et conserver toutes les preuves clairement.
- Saisir les prud’hommes : préparer dossier complet (calculs, certificats, échanges), envoyer une mise en demeure avant la saisine pour maximiser les chances.
Lorsque des jours de congés acquis au titre de l’année précédente (les congés dits « N‑1 ») n’ont pas été pris, plusieurs règles et recours existent. Il est fréquent qu’un salarié s’aperçoive en juin, à la clôture de la période de référence, qu’il lui reste des jours non pris. Cet article explique le cadre légal général, les exceptions possibles, les démarches concrètes à entreprendre et comment préparer un dossier en vue d’une contestation ou d’une saisie des prud’hommes.
Le cadre légal et la règle générale
Le principe veut que les congés payés acquis sur une période de référence doivent être pris durant la période prévue par l’entreprise ou la convention collective. La période de référence la plus répandue va du 1er juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours, mais certaines entreprises ou conventions fixent d’autres dates. À l’issue de la période, si des jours n’ont pas été pris, ils peuvent être perdus sauf dispositions contraires (accord d’entreprise, accord collectif, ou cas particuliers prévus par la loi).
Exceptions et cas particuliers
Plusieurs situations permettent le report ou l’indemnisation des congés non pris :
- Le départ de l’entreprise : à la rupture du contrat, le salarié reçoit une indemnité compensatrice de congés payés correspondant aux jours acquis et non pris.
- La maladie, l’accident du travail ou la maternité : si le salarié n’a pas pu prendre ses congés pour cause de santé, il peut, selon les situations et la convention, obtenir le report de ces congés ou leur paiement à la fin du contrat.
- L’impossibilité imputable à l’employeur : si l’employeur refuse ou empêche la prise de congés sans proposer de solution, les jours doivent généralement être reportés.
Vérifier ses droits et préparer son dossier
Avant toute démarche, collectez les documents et vérifiez les éléments suivants :
- Les bulletins de salaire récents pour vérifier la rémunération de référence.
- Le relevé de congés (papier ou électronique) tenu par l’employeur.
- Les échanges écrits (courriels, demandes de congés, refus, convocations) prouvant que vous avez demandé vos congés ou que vous avez été empêché.
- Les certificats médicaux en cas d’arrêt maladie ou maternité perturbant la prise des congés.
- La convention collective et le règlement intérieur pour connaître les règles de report et les dates de fermeture.
Calculer l’indemnité compensatrice
L’indemnité compensatrice de congés payés correspond en principe aux congés acquis non pris. Pour estimer son montant, calculez la rémunération moyenne servant de base au calcul (souvent la rémunération brute perçue sur les 12 mois précédents ou selon la méthode retenue par l’entreprise). Multipliez cette base journalière par le nombre de jours non pris. Vérifiez sur la fiche de paie de solde de tout compte que ce montant apparaît et correspond à votre calcul.
Démarches à entreprendre pas à pas
Voici un parcours recommandé pour faire valoir vos droits :
- Contactez le service des ressources humaines pour demander des explications et réclamer le report ou le paiement des jours non pris. Préférez un message écrit (mail) pour garder une trace.
- Si la réponse est insatisfaisante ou absente, adressez une lettre recommandée avec accusé de réception rappelant votre situation, les demandes précédentes et les pièces jointes (relevé de congés, échanges, calculs).
- Attendez un délai raisonnable (par exemple 15 jours) ; relancez si nécessaire. Conservez toutes les preuves de vos envois et des réponses.
- En l’absence de solution, faites une mise en demeure par courrier recommandé, en exposant clairement ce que vous demandez et en indiquant que vous saisirez le conseil de prud’hommes en cas de non‑paiement ou de non‑report.
- Si la mise en demeure reste sans effet, saisissez le conseil de prud’hommes pour obtenir le paiement de l’indemnité compensatrice et, le cas échéant, des dommages et intérêts si l’employeur a commis une faute.
Pièces à joindre à une réclamation ou saisine
- Bulletins de salaire concernés.
- Relevé des congés et justificatifs de demandes.
- Copies des échanges avec l’employeur (mails, réponses, refus).
- Certificats médicaux si l’empêchement était pour raison de santé.
- Calculs détaillés de l’indemnité demandée.
Conseils pratiques et derniers mots
Restez organisé et chronologique : datez et conservez chaque échange. Agissez rapidement après la clôture de la période de référence pour éviter la perte de preuves. Si la situation est complexe (conflit important, montant élevé, dossier médical), consultez un avocat en droit du travail ou un représentant syndical. La plupart des litiges se règlent avec des échanges documentés et une mise en demeure préalablement envoyée. En dernier recours, les prud’hommes restent la voie pour faire valoir votre droit à indemnisation.
En résumé, connaître vos droits, rassembler les preuves, agir par écrit et respecter des étapes claires augmente fortement vos chances d’obtenir le report ou le paiement des congés N‑1 non pris.




